Prochaine étape.
Préambule
Je ne parle dans ce texte que de la partie "production" de seesmic, c'est-à-dire les shows et programmes initiés et produits par ma petite équipe. On appellait ça entre nous "seesmic production" ;-)
Le pari était audacieux, nous entrions dans l'inconnu. Créer du "contenu" sur un site fermé, en alpha, dans un pays que nous découvrions, marchant sur des usages et des comportements encore inexplorés, parlant à peine leur langue ;-). Le pari du contenu sur seesmic, produit par seesmic, nous l'avons fait ensemble, Loic et moi, et ensemble nous y mettons fin. Une décision logique et rationnelle. La mission consistait à faciliter les conversations, les enrichir, apporter de la valeur, extraire le meilleur de cette intelligence collective et la partager avec le reste du monde, comme les témoignages d'un temps, d'une histoire qui file avec nous chaque jour. Avec mon équipe, nous avons essayé, tenté des expériences, utilisé les images de différentes façons, provoqué des discussions, sérieuses ou légères, fait venir des invités. Nous voulions inventer une nouvelle forme de contenu, des programmes hybrides à la fois éditorialisés et générés par les utilisateurs. Un pari compliqué et passionnant...
Dans le bilan, nous retenons quelques grands moments : l'interview de Spielberg et toute l'équipe d'Indiana Jones à Cannes, la vidéo pour Ingrid Bettancourt, les mashups et les programmes conçus par les utilisateurs (Hache, Virginie, Beatrice), la vidéo d'introduction (et son behind the scene), le Great Village sur Ground Zero, le succès de Rachael et Sukhjit (réussir le défi de les faire adopter par la communauté en quelques mois), plus de 250 épisodes de tous les shows (seesmix, seesmic café, seesmic du jour…), Kevin Smith à LA, les conventions Républicaines et Démocrates (merci Dan), le tribute à Craig Manganello (un utilisateur seesmic décédé), les seesmeet'up et les rencontres à Austin, Vegas ou New-York, la journée avec le Monty Python John Cleese, etc, etc... On va la faire courte, mais il s'est passé des trucs dingues TOUS les jours.
Produire du contenu, il fallait le faire. Il fallait créer une colonne vertébrale à ce service d'un genre nouveau, donner des repères, des rendez-vous et des perspectives, conserver des traces de ces conversations, archiver ces heures passées à se découvrir, proposer des sujets et des rencontres. Il fallait tenter cette greffe entre le naturel et le scripté, entre le spontané et le répété, pour accompagner le bébé dans ses premiers pas. Mais la greffe contenu/site affiche un coût incompatible avec l'état d'avancement du produit et les temps difficiles qui s'installent. Malgré tout le plaisir que nous avons eu et procuré, Seesmic est avant tout un outil, une plateforme qui doit permettre à chacun de communiquer et d'échanger sans forcement devenir l'acteur d'un "contenu". Seesmic n'est pas une plateforme UGC (Contenu Généré par les Utilisateurs). Les seesmicers ne génèrent pas du "contenu", ils se parlent, ils partagent, ils se découvrent et vivent des émotions. Ce qu'ils génèrent c'est de la vie. Le simple fait d'assister à une conversation en images ne transforme pas les images en "contenu". Un texte avec des mots qui riment ne donne pas toujours un poème.
Loic et moi restons convaincus que l'idée était bonne, mais sans doute initiée trop tôt et, de fait, un luxe décalé par rapport à la réalité du produit : pas fini, pas monétisé, pas encore mûr. Nous avons pris cette décision ensemble, comme des grands, comme souvent cette année sur plein d'autres sujets. Je ne serai donc plus à temps plein dans seesmic, mais je reste actionnaire et continuerai à collaborer et réaliser des missions ponctuelles dans d'autres domaines. L'aventure ne fait que commencer !
Coming soon ;-)




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