lun. 18 déc 2006

00/20 à la farandole des abrutis !

Time A l’heure où le Time vient de me nommer (et vous aussi) People of the Year, je me sens mal à l’aise vis-à-vis de la rédaction de ce fantastique magazine. Effectivement, je ne trouve pas la population des blogs et de l’Internet particulièrement remarquable ces derniers temps. Au contraire, tout pourrait me pousser à me “déconnecter”, pour revenir, après 30 mois d’une fantastique expérience, au coeur de la matière des vrais rapports humains. Je n’ai effectivement jamais découvert autant d’abrutis, de décérébrés, de psychodingues et de lâches que sur le Net ces dernières semaines. Parcourez les commentaires et les post de quelques apprentis chroniqueurs (pas chez moi, Dieu me préserve) et vous lirez la misère humaine, le niveau zéro de l’éducation, le néant du savoir-vivre et du respect. Car je ne parle pas que de moi, je parle de vous, de vos blogs, jonchés de plus en plus de mots grossiers et violents, d’attaques, de crachats misérables, d’accusations infondées, de vulgarités abjectes. Promenons-nous... Dans les blogs... Vous y découvrirez aussi la dictature des donneurs de leçons, des aigris, des jaloux, des frustrés, des mesquins, chevaliers du clavier, planqués derrière leur pseudonyme, pensant pouvoir insulter la terre entière sans représailles, se branlant le cervelet avec des théories grotesques sur leur connaissance de l’humain, des réseaux, de l’Internet, des Médias, de Dieu, des gens, de moi, et de tout ce qui va avec. Je n’ai jamais été aussi écoeuré de l’Internet que ces dernières semaines et il ne faudrait pas grand chose pour que je décroche, comme ça, pour m’éloigner de cet air vicié et malsain que font peser les tarés sur cette belle aventure. Je réfléchis à un moyen de me prémunir contre la connerie depuis des années, mais il n’y a rien à faire, elle s’accroche et me poursuit. J’aimais bien les blogs au début, les gens se découvraient, se respectaient. Mais les morpions, les pète-couilles et les menteurs sont arrivés et ont mis dehors, sans le vouloir, ceux que j’aimais bien. Car il faut constater que sur l’Internet, comme dans la vraie vie, ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont en premier... Il doit y avoir une raison.
Je doute, ces jours-ci, du modèle démocratique numérique, où chacun peut venir traiter l’autre de connard ou de tas de merde sans souci, sans prendre un bourre-pif bien mérité. Combien sont ceux qui, s’ils se trouvaient dans une pièce face à moi ou un autre, oseraient dire en face un dixième des excréments qu’ils chient sur leur clavier. Pas un ! J’en fais le pari. Les Trolls sont des roquets, des chihuahuas, aboyant leur philosophie de comptoir dans la douceur de leur salon, gloussant de leurs maigres pensées, imaginant qu’ils sont Bruce Lee, mais rougissant de honte et baissant les yeux s’ils devaient le dire en face... La vie en face à face me tend les mains à nouveau, comme si le charme des blogs était rompu et que le grand troupeau de la connerie humaine avait pris possession de ce fantastique terrain de jeu, comme d’habitude...

Mais non, je ne quitte pas mon blog parce que, malgré tout, ma liberté d’expression, mon envie de m’amuser, le besoin de rencontrer des gens biens (ça existe aussi), sont supérieurs à l’abandon programmé, trop évident, vers lequel devrait normalement me conduire la misère humaine qui règne sur le Net en cette fin d’année. Je ne veux pas abandonner le navire mais je cherche sincèrement une solution pour limiter la connerie et l’empêcher de pénétrer dans mon espace vital. Je sais qu’il suffirait pour cela de ne pas lire les autres, mais c’est ça le plaisir, découvrir d’autres personnes, des façons de vivre, des tendances, des idées et même parfois du talent. Mais à chaque fois, ça revient comme de la glue, la connerie, entre les lignes. Je me refuse à fermer les commentaires, à modérer, et je déteste supprimer le passage de quelqu’un ; mais ça m’arrive, de plus en plus. Non que je ne supporte pas la critique, au contraire. Mais je ne supporte pas l’irrespect, c’est ainsi, je suis comme ça. JE NE SUPPORTE PAS les insultes, les mots faciles et l’attitude de celui qui croit savoir, qui pense avoir raison, qui te connaît mieux que personne. Cela me rend dingue.

Alors chers visiteurs, dans la joie de Noël, chantons “Seigneuuuuuuuur, tu es grand tu es beauuuuuuu...”. Ah non, c’est vrai, j’oubliais, je ne crois pas en cela non plus. Chier.

(Faut pas s’inquiéter. Cela fait un bien fou et c’est cyclique. Comme dirait Virenque.)

mer. 27 sep 2006

Petit à petit... 0/20.

Flagellants"Il y a trois ans, la scène finale d'Idoménée, opéra de Mozart joué au Deutsche Oper de Berlin, avait juste causé quelques remous. A l'issue de l'ultime note, Idoménée, le roi de Crète, revenait sur scène avec un sac ensanglanté. Contrairement au livret, le personnage ne sortait pas la tête de son fils, réclamée par Poséidon pour pouvoir retourner sur son île, mais celles du dieu de la mer, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet. Aujourd'hui, cette scène, imaginée par le metteur en scène Hans Neuenfels, vaut l'annulation des représentations de cette oeuvre, qui devait être rejouée en novembre, de peur qu'elle ne suscite des réactions parmi les musulmans." Lire la suite de l'article ici.

Je ne sais pas vous, mais je me sens comme Davy Crockett sur les barricades de Fort Alamo. Entouré d'interdits, de bien penseurs, de donneurs de leçons, de fanatiques, d'associations de défense, de procéduriers, de maîtres de guerre, de paranoïaques, de toutes les soutanes, de toutes les origines... Quand la culture s'auto-censure par peur des religions, qu'elle se flagelle en place publique, c'est l'Inquisition qui revient à pas de velours, sans se presser, avec son grand chapeau. Je ne sais sur quelle île il faudra fuir pour pouvoir librement réinventer le monde et les idées sans peur de se faire traiter de tous les mots. Et bien pire.

mar. 20 juin 2006

00/20 à ce coursier de mes deux !

Je suis un scooterman respectueux du code et des conventions collectives. Je me faufile tel Fend-la-bise-Huxtable entre les voitures, bienveillant et aimable, remerciant d’un léger mouvement de pied les automobilistes qui font preuve de courtoisie et de civisme. Vous savez, ce petit lever de pied, comme une chienne qui urinerait sur un arbre.

ChevaliersMais ce matin j’ai perdu mon sang-froid.
Nous étions une bonne vingtaine de motos et scooters en file indienne entre les deux voies, sur les quais. Le matin, c’est la coutume, les voitures lambinent dans leurs files, les deux roues tracent au milieu en gardant leurs distances, quatre ou cinq mètres, au cas où un coup de frein viendrait à s’imposer.
Tout allait bien, j’avais le soleil dans les yeux, comme chaque matin au niveau de la Tour Eiffel. C’est alors qu’est arrivé celui que je nomme désormais “la sous-merde”.
Coursier de son état (et je n’ai rien contre les coursiers, précisons-le), la “sous-merde” déboule de je ne sais où et me colle au scooter de telle sorte qu’il aurait pu voir et toucher l’étiquette de mon caleçon. Le tout en faisant vrombir son moteur purulent et en rouspétant dans son casque. A peine le temps de regarder dans mon rétroviseur que déjà il klaxonne avec frénésie. J’adore. Le mec viole toutes les lois des Quais de Seine. Déjà que notre conduite est dangereuse, si on plus on ne se respecte pas entre nous...
Je me contente d’un petit signe de la main aimable qui signifie “calmos, cool man, pas d’urgence, détends-toi, on va bientôt sortir...”. La “sous-merde” n’apprécie pas et me colle littéralement à la roue tout en hurlant que je suis un gros con et que merde fait chier !
Bon, alors, il connaît pas Raoul. Normal, je ralentis, mais alors je ralentis comme jamais j’ai ralenti. Plus doucement et je peux descendre de mon scooter et marcher à côté. Sur les Quais c’est difficile de doubler un scooter qui va doucement, c’est très très dangereux. Alors je sens que mon gars est sur les nerfs au niveau maximum, au bord de l’explosion. A un moment je vois que devant il y a deux petites voitures et qu’il va donc théoriquement y avoir la place pour qu’il me double. Du coup, normal, je zigzague malencontreusement, c’est bête. Oulalala, il est pas content du tout, du tout. Et puis bon, je me dis qu’il a assez souffert, que c’est un gros con et que bon, y’a mieux à faire, alors, magnanime, je me décale... Le type a les yeux injectés de sang, il bafouille sa haine, se positionne à côté de moi et hurle je ne sais quoi tout en donnant un coup de poing dans mon rétroviseur. Alors là, non. On touche pas aux affaires. Je lui hurle encore plus fort dessus ! Le tout en roulant, pas très vite, sous les yeux des automobilistes médusés. “Si t’as peur que je te colle tu te pousses connard !”, qu’il me dit. Je lui mets un coup de pieds dans son scooter et lui demande s’il veut que je lui fasse un deuxième trou du cul. Alors il se barre en me disant que je suis homosexuel et que s’il me retrouve il me casse la gueule. Alors je lui dis qu’il n’y a aucun problème, que je le suis... Je le suis. Trente mètres plus loin le gars est bloqué de nouveau par des motos, forcément. Alors bon, normal, je lui frotte son scooter et je klaxonne en le traitant de tous les noms, que “s’il veut pas que je le colle il a qu’à se pousser !!!”. Arrghhhhhh, c’est bon, mais c’est pas bon. Je ne sais pas pourquoi, à cet instant, tout pourrait basculer. Deux adultes sont devenus deux gorilles en moins de deux minutes. Nous sommes à l’arrêt, scooter contre scooter, comme deux aigles de la route. Le gars hésite. On sent qu’il voudrait bien se battre, mais qu’au fond c’est pas vraiment son truc. Ça tombe bien moi non plus. Deux roquets surexcités et grotesques. Il se casse, le lâche, et taille sa route.

Pfff... Rien dans la culotte.
Et puis c’est lui qui avait commencé.
Nananère.

lun. 15 mai 2006

01/20 à ma présence d'Esprit !

Cyrille_80Ce week-end, pour le concours d’Emery, je replongeais dans les souvenirs et les photos de jeunesse.
A côté de moi, mes deux nains découvraient avec étonnement que leur papa avait été un bébé, même plus petit qu’eux. Un truc de dingue à en croire leurs mines estomaquées. J’ai parcouru l’album doucement, égrainant les années, les chemises au col Seventie’s, l’acné, les coupes de cheveux à la Dave des grands jours,... Ils jubilaient à moitié, comprenant, mais n’y croyant pas.

Tout à coup, au milieu de l’album, une grande photo de groupe. C’était la photo de ma Confirmation, à l’époque je croyais que je croyais. Plus de 200 petits gars comme moi dans leur aube blanche pure et vierge, debout derrière une rangée de Frères assis, du Frère directeur jusqu’au Frère Econome. Pour me trouver, il fallait juste chercher une coupe au bol blonde au-dessus du Frère en chef, forcément, j’étais le plus petit...
Et là mon nain il me dit : “Papa, pourquoi vous étiez tous en tenue de judo ?”.

Ha ha ha... Exactement mon p’tit gars. La foi c’est un sport de combat. Moi, je ne suis pas allé plus loin que la ceinture jaune.
Il a fallu que je lui explique. Ça commence les soucis. Je lui ai dit que de temps en temps on se déguisait pour être tous pareils. Parce qu’on est tous pareils. Bref, j’ai bredouillé une pauvre histoire pour le coup. Il va falloir que j’aiguise mon texte parce que le p’tit gars il grandit à vue d’oeil et que mes explications à deux balles ne vont bientôt plus lui suffire...

dim. 30 avr 2006

02/20 à ma vanne en société

CharlieC'est-à-dire qu'hier je fêtions l'anniversaire d'un pote, ses 40 ans. P'tain ça filoche !
Le thème c'était "cheveux blancs", histoire d'enfoncer un peu le clou sur la tête de mon pote qui supporte pas trop bien le début de la redescente.
Lors de cette soirée, plein de gens ne se connaissent pas, alors forcément, au début, chacun essaie d'être poli et sympa avec des questions simples du genre "et alors toi tu es un ami de J ?" ou "et toi aussi tu bosses dans la production ?".
Ceux qui n'ont pas joué le jeu du déguisement doivent passer par la cuisine se faire bomber les cheveux en argent vieillissant...

Je suis dehors avec un petit groupe de 5 personnes arrivées à l'heure, encore un peu timides à se servir dans les premiers verres et les premières bouteilles.
Nous apprenons à nous connaître de façon très légère, fumant, s'appréciant par principe car nous sommes venus pour le même, et le même est cool.
Soudain un couple arrive. Le gars est plutôt grand et costaud. Il est encore dans la cuisine, loin, quand sa femme entame la ronde des bises de notre petit groupe du jardin. Il y a une sorte de brouhaha dont je ne saisis pas le sens, elle embrasse les quatre premiers en parlant de je ne sais quoi... Parvenue à moi, elle sort "il va falloir que je passe à la casserole !". (elle parlait de la bombe à cheveux, on me l'a expliqué après)

Alors bien sûr, dans de telles circonstances, on se laisse tenter par la facilité, la vanne tranquille qui fait sourire gentiment, pas du grand art, mais le petit mot sympatoche qui ferait pas de mal à une vieille...
- "Mais on vient à peine de se rencontrer !" lui dis-je...

ScreechQuelques uns apprécient la vanne pour ce qu'elle vaut, prévisible mais pas grave.
Mais la jeune femme en question, comment dire, n'a pas aimé. Mais alors pas du tout.
Elle m'a regardé avec l'oeil du tigre, et je pouvais lire dans son cerveau quelque chose du genre "Pauvre type, tu te crois drôle avec ta vanne pourrie". J'ai même cru qu'elle allait m'en coller une... A cet instant je suis Screech, le neuneu de cette série culte, Sauvés par le Gong.

Son mari arrive derrière, une armoire à glace. Je fais ma bouche de Charlie Brown et me dirige discrètement vers le bar en me disant que, celle-là, pour sûr, elle ne m'achètera pas mon tableau.

(Ceci dit après elle est restée assise toute la soirée sans parler à personne et en faisant la gueule. Donc je ne culpabilise pas plus que ça. Ou alors c'est de ma faute. P'tain...)

dim. 26 fév 2006

00/20 à ce petit élan de vulgarité assez jouissif...

Tresor Comme moi, vous avez certainement reçu ce genre de mail, vous invitant à gérer la modique somme de 22 millions de dollars pour un gars qui serait coincé en Afrique et qui ne sait pas comment s’en sortir avec tous ses sous. Je l’ai encore reçu, avant-hier. Mais pour la première fois de ma vie, j’ai répondu.

Voici le mail du gars :

“Dear Sir

I am the Chairman of the Contract Award Committee(CCAC), Ministry of Mines and Energy, Namibia, We need a trust-worthy partner to assist us in the transfer of Twenty Two Million United State Dollars(US$22M). And subsequent investment in properties in your country.

You will be required to:

(1) Assist in the transfer of the said sum to your country for a viable business.

(2) Assist us in purchase of properties.

If you decide to render your service to us in this regard, 20% of the total sum will be offered to you. Please, kindly get back to me if you willing to assist.

Yours Faithfully
John M. Titus

Et voici ma réponse :

“Dear Sir,

Ma bite dans ton cul.

Your Fesse Refoule”

Voilà. Désolé pour cet instant de vulgarité élémentaire, mais je voulais partager avec vous cette action anti-spam génératrice de joie.

mer. 22 fév 2006

01/20 à cette autre petite vieille !

Vieille Boulogne-Billancourt / Ce matin.

Il y a cette petite vieille qui marche tout doucement à la sortie de mon parking. Comme c’est mon jour de bonté, je stoppe mon scooter pour qu’elle puisse passer sans faire sauter son peace-maker. Si j’accélère, j’ai largement le temps de passer, mais elle me traitera sûrement de tous les noms avec son parapluie levé et je ne supporterai pas cette scène. Alors je la laisse passer, dooooooucement, très doucement. Arrivée à ma hauteur, elle me lance un regard noir ! Je n’en crois pas mes yeux. Un regard du genre “espèce de véhicule bruyant et dangereux qui menace de m’écraser à tout instant ; respecte les personnes de mon âge qui disparaissent si facilement quand les grandes chaleurs reviennent !”. Elle me dit ça, je le sens.

C’est injuste. J’aurais aimé un sourire de vieille, amical et séculaire (?!?), tendre, reposé. Ce genre de sourires dont sont capables les vieux et qui vous font du bien. Non, la vieille me toise, me jauge, me juge certainement. Alors bon, normal, je mets un petit coup sur l’accélérateur, "Vrooom, Vroooooooom, vroooom", histoire qu’elle passe la surmultipliée dans ses mules Scholl ! Elle sursaute et lève son parapluie en hurlant. Une voix stridente et malheureuse. “Oh, mais vous voulez me tuer ?!?”, qu’elle dit...

On sent la fille qui regarde trop les Chiffres et les Lettres, depuis trop longtemps. Bien sûr, on me toise de partout. Je suis le jeune, sous mon casque. La menace, l’irrespect. La preuve d’une société qui évolue mal. Cruelle injustice.

StreethawkEpilogue
J’ai attendu qu’elle s’éloigne un peu, histoire d’avoir un peu d’élan. J’ai réajusté mon casque. J’ai monté le son de ma musique intérieure, un vieux morceau de Tangerine Dream. J’ai accéléré et je lui ai roulé dessus. Ça a fait “scroutch, pruuiiit...”. Sa petite tête de vieille fouine a heurté un horodateur et je pense pouvoir dire qu’elle est fraîchement décédée.

Que voulez-vous ? C’est le monde qui est comme ça...

mar. 07 fév 2006

00/20 au comité des blagues !

Mouton C’est l’histoire d’un père de famille tranquille qui tond sa pelouse. Tandis que ses enfants lisent les dernières aventures de Titeuf, son épouse l’interpelle.
“Dis-donc Didier, tu prends l’herbe pour un mouton ?”

HA HA HA !!!! Ce qu’elle est bonne. Je m’en bats les côtes. Je suis par terre. Trop d’humour en même pas deux phrases, c’est inimaginable.

DERNIERE NOUVELLE EN PROVENANCE DU COMITÉ DES BLAGUES : Cette histoire drôle a été contrôlée par les Chiennes de Garde (malgré une tendance à ironiser sur le rôle de la femme qui a parfaitement le droit de tondre la pelouse elle aussi, ce n’est pas réservé aux hommes. “On ferme les yeux pour cette fois”, ont-elles déclaré). Nous avons également obtenu l’accord des organismes religieux qui n’y voient aucune offense directe. Avec, ceci dit, cette référence au mouton qui semble poser problème mais les Mouvements de Protestation n’ayant pas réussi à s’entendre sur la punition demandée à l’auteur, ils devront attendre la cession de mardi prochain pour porter plainte. On nous demande quand même de trouver un autre animal, à titre préventif. L’Association des Amis du Livre s’est opposée tout d’abord à l’exploitation d’une BD dans l’histoire, estimant que cela ne favorisait pas de façon très glorieuse le goût de la lecture. La ligue des homosexuelles homophobes s’est sentie visée par le mot “tond”, estimant qu’il y avait là une corrélation directe avec des termes vulgaires les décrivant. Elles ont demandé à ce qu’on change la référence à une tondeuse par un sécateur, ce qui a immédiatement provoqué la colère de la communauté jardinophile qui s’est sentie visée dans ce qu’elle a de plus intime. “Va pour une truelle !” aurait déclaré l’auteur de la blague, en prenant soin d’obtenir l’accord de l’association des amis du BTP pour qui la truelle est “un référent fort en terme de symbolique référentielle”, auraient-ils dit mais on cherche encore le porte-parole dans les toilettes. Zep, le dessinateur de Titeuf, n’a rien trouvé à redire, bien au contraire, ravi de voir cette histoire soulever tant de protestations. L’association de protection de la famille a soulevé un vrai problème en invoquant une déresponsabilisation du père au sein de la structure familiale. “Comment peut-on tondre la pelouse pendant que les enfants lisent une BD ? C’est d’un irrespect absolu, une preuve manifeste d’abandon et de sadisme à la fois."

Après réunion du comité de rédaction et sous la pression de l’opinion publique internationale, à fin, je cite “d’apaiser les esprits et de respecter la liberté de l’autre depuis là où elle commence”, il a été décidé de modifier quelques termes de cette histoire drôle. Je vous livre la nouvelle mouture.

Marmotte NOUVELLE VERSION : C’est l’histoire d’un père de famille qui refait sa toiture à l'aide d'une truelle après avoir préalablement demandé à son épouse si elle ne souhaitait pas le faire elle aussi puisqu’elle était parfaitement capable de le faire. Sa femme lui ayant courtoisement répondu non, et tandis que les enfants lisent paisiblement l’intégrale de Gérard de Nerval, notre bon père de famille se hisse sans accroc jusqu’au toit. A cet instant, sa tendre épouse le regarde depuis le jardin et l’interpelle : “Dis-donc mon cher Didier, tu prends le toit pour une marmotte ?”.

PS : aucun animal n’a été blessé pendant la rédaction de cette blague.

sam. 04 fév 2006

01/20 aux limites

Nous poursuivons notre voyage dans l'intime avec joie et désir. Je vous souhaite un excellent week-end à tous bande de filous.



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Tags : et Mr HumHum

Mise à jour : si ça ne marche pas vous pouvez visionner en haut de la colonne de gauche...

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mer. 25 jan 2006

00/20 à la Cantine de la Loose !

Je me serais cru dans l’un des plus sordides reportages de Strip-tease. Hier, Julien et moi intervenions au Salon du Livre de l’Entrepreneuriat, organisé par une école de management...

PenduPour y parvenir, je traverse une cours d’école où des étudiants sont en train de dragouiller en fumant des clopes et en comparant leurs jeans qui dépassent de sous leurs caleçons. Je signale que je suis “intervenant” et l’on me file un badge. Cool. Je déteste les badges ça troue les pulls et ça me rappelle le père Cunningham à ses soirées du Club des Léopards (Happy days). En fait le Salon n’est pas un Salon, c’est une cantine. C’est le self de l’école. Il y a des tables de cantine avec des livres sur toutes les tables et des auteurs derrière. Des auteurs livides avec des cartons pliés devant eux pour qu’on les reconnaisse. Parce que dites-moi : qui lit les bouquins de management ? Et surtout, qui connaît leurs auteurs ? Ce gars-là connaît les trucs pour créer une entreprise. Celle-ci sait motiver les managers. Celui-là nous suggère de nous dépêcher pour réussir, c’est le sujet du livre, aller vite. Moi j’ai juste envie de pleurer et de partir boire une mousse dans le troquet d’en face. Mais y’a Julien qui est là et qui me pointe un couteau alors je me ravise.

Je ne suis pas au Salon du Livre de l’Entrepreneuriat, je suis à la Cantine du Livre de la Loose. Il y a plus d’auteurs que de visiteurs. Avec les organisateurs et le service de sécurité, on peut croire un instant qu’il y a quarante personnes. Mais non, ce sont les auteurs et les éditeurs qui, dans un réflexe de lutte contre l’humiliation, se mettent à bouger entre eux. 17h15, une dame nous annonce que notre “conférence” est un peu retardée mais que ça ne devrait pas tarder... J’avais dit que je me barrais à 17h20, quoi qu’il arrive. Arrgghhh, j’en ai des picotements de douleur un peu partout tellement je suis déprimé.

C’est l’heure ! On nous pose dans un coin de salle entre des murs en préfabriqué, assis sur des tabourets de bar. En tout 12 places assises prévues. Pour nous lancer dans la présentation, un gars dévoué de l’école, sympathique au demeurant, a perdu à la courte paille et se doit de nous poser des questions. Comme personne ne vient, un type s’improvise rabatteur et hurle dans le micro : “Rendez-vous avec les fondateurs de Kelkoo, ils ont réussi leur start-up !”. Bah voyons. Tu m’as regardé mon cochon ? Si j’avais vendu ma boîte 475 millions d’euros tu crois que je serais là dans ta halle aux poissons à attendre que 5 étudiants ivres d’espérance viennent faire semblant de m’écouter entre deux galoches ?”. Quelques gens sympas s’assoient en nous observant bizarrement. Il y a quatre personnes de l’école qui viennent faire les complices, comme autour d’une table de bolto clandestin. Il y a aussi une nana de chez l’éditeur et un pote. Cela fait la moitié de la salle qui est là pour de la fausse. Le reste est sympathique : 6 personnes, et quelques badauds qui jettent un coup d’oeil, prêtent une oreille, se curent le nez, etc. Sans micro et dans un brouhaha insupportable, nous essayons de réveiller les quelques intéressés. Notre journaliste d’un jour a la puissance vocale d’un hamster et personne n’entend ses questions, même pas nous. Un gars sympa pose une question sympa, histoire de donner un semblant d’existence à cette situation pathétique. Au bout de vingt minutes, c’est fini. Une dame de l’école fait “clap-clap” dans ses mains mais personne ne suit... Ils sont tous déjà la tête ailleurs, peut-être à la prochaine “conférence” sur comment faire un business plan quand on ne connaît personne et qu’on est idiot. L’école a réussi son coup, l’événement est propre mais inutile pour les auteurs. Un pince fesses qui fait mal au cul. On ne m’y reprendra pas...

PS : On a fini par aller boire une mousse au troquet et ça c’était sympa.


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