Incroyable violence du vide. Un contraste absolu entre ce trou béant qui vous aspire vers les images terribles du passé, et cette foule humaine qui gravite dans et autour du site, comme des milliers de fourmis qui reconstruisent leur territoire. Le sentiment latent que l'on soigne quelque chose. Aussi le sentiment d'un besoin universel de survivre. Mille nationalités se bousculent derrière les grillages du chantier, tentant d'appercevoir dans les tranchées les traces de leurs souvenirs. Puis on regarde vers le ciel et on se souvient. Les autres tours autour sont là comme les miroirs d'une ombre. Deux ombres qui s'incrustent dans le vide. Derrière, l'Eglise St-Paul sourit, intacte, auréolée de sa désormais légendaire histoire, épargnée miraculeusement par l'effondrement. Les touristes entrent et sortent des allées parsemées de tombes en se demandant quel sens donner à tout cela. Et je marche au milieu d'eux en me demandant la même chose. Que venons-nous chercher a Ground Zero ? Un besoin de faire le vide ? D'oublier ou d'ésperer ? Il règne en ce trou béant comme un parfum d'humanité fragile mais réel.
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