Voilà.
J'ai reçu mon Visa hier. Un moment d'un rare bonheur, difficile à décrire. Comme un droit à l'aventure, un horizon qui se dégage. "3 ans", c'est ce qu'a dit l'officier de l'immigration. Il aurait pu me donner 1 an ou 2, et je n'ai rien demandé. Mais il a sans doute pensé que 3 ans, c'est ce qu'il fallait pour juger, rester ou rentrer.
Trébuchant entre cadeaux de Noël et cartons, je me cogne sur les meubles avec l'euphorie de celui qui a conscience de vivre. Vous savez, ces petits moments de l'existence que l'on sent uniques, profondément personnels, tandis qu'autour de vous tout demeure égal, délicieusement habituel et rassurant. Je ne sais plus vraiment où j'habite, et là-bas tout est à faire.
Les journées qui nous séparent du départ vont être remplies de festivités aux saveurs particulières, entre promesses de retour et intentions de vacances. Nous allons nous réjouir de nous aimer, quand bien même nous serons séparés par nos choix. Mes choix.
Pas facile de laisser ceux qu'on aime. Mais ceux qu'on aime comprennent avec ce petit sourire qui en dit long. "C'est bien pour vous, même si pour nous c'est triste...", "et les petits seront bilingues en si peu de temps", "San Francisco est une ville tellement Européenne...".
Chacun y va de son mot gentil et nous savons que d'ici peu, tout va dépendre de notre assiduité à nous parler, à distance, à penser les uns aux autres.
Là-bas, l'histoire va réellement commencer. Libéré de ces contraintes administratives qui pesaient sur moi, et enfin entouré de l'essentiel, je vais pouvoir sortir mes tripes. J'attends ça depuis plus de deux mois... Autre temps, autre blog. Désolé pour les visiteurs les plus exigents, mais forcément je vais devoir me concentrer sur mon boulot, le développement de la boîte, un futur show (façon Bonjour America), et l'harmonie entre les êtres. Rien que ça.
Un jour, apaisé, je reprendrai le chemin de la plume pour écrire, enfin, cette histoire qui me brûle le ventre depuis tant d'années...
