Drop me out !*
Joie tout le monde. La France Black-Blanc-Beurre est de retour, 9 ans après, avec quelques kilos de plus et un ballon à la con qui ne rebondit jamais là où on voudrait. Les Dieux du stade vont enfin montrer le vrai visage de leur quéquette, troquant le rose pour le bleu, galvanisés par une foule soudainement passionnée par ce sport dont les affiches les plus fréquentes sont quand même des Narbonne-Castres ou Toulon-Béziers. Je dis ça, n'allez pas vous vexer, c'est presque aussi excitant qu'un so british Leicester-Sarrasins (C'est quoi ça, les Sarrasins ? Un nom de BDE d'école de commerce ?). Je ne sais pas pourquoi, le rugby quotidien me brouille l'écoute. Même un Toulouse-Stade Français ne me soulève pas une paupière, sauf peut-être en finale, parce que je suis à un barbecue chez des potes, qu'il fait beau et qu'il y en a toujours un ou deux pour se passionner. Parlons-en, tiens, de mes potes rugbymen. Tout en finesse à chanter la Madelon en descendant le tonneau d'Adelscott. Sans parler de celui qui finira le cul à l'air, pissant sur la voiture du voisin en gloussant comme un goret. Le rugbyman, c'est un peu notre joueur de football américain, celui qui pousse des cris au lycée de Milwaukee, pour faire peur aux neuneus du club d'échec.
Bien sûr je caricature, toi le visiteur de ce blog qui est passionné de rugby et a déjà chaussé ton maillot de Sébastien Chabal. Ne m'en veux pas, fan de l'ovalie, d'oser minimiser la beauté festive de ce sport si convivial, tellement noble, porteur de valeurs telles que l'abnégation, la solidarité, le respect et l'engagement. Ha ha ha, en réalité, c'est juste une trentaine de lopettes qui se tripotent les roustons dans la mêlée, oreilles contre oreilles, passant le plus clair de leur temps à tenter d'attraper leur adversaire au short, histoire de baisser leur string(box) et de palper leur demi ouverture... Je déconne, of course, j'adore ce sport. C'est tellement beau un Wilkinson qui se met en position, "Lomu qui brise la foule™" ("L'obus qui frise la moule" ! Elle est bonne celle-là, elle est de moi, je la copyrighte !), Hernandez qui zigue-zague, Larkham qui sourcille, O'Driscoll qui s'y colle, ou Parisse qui fait son Latino, etc, etc, etc.
Le rugby, c'est une leçon de vie permanente, un poème occitan, une odeur de vachette, un fanion à attraper, une carte postale usée dans le tiroir de pépé. Allez, j'avoue, malgré ces petites moqueries, j'aime bien quand même. Mais j'aime bien le rugby par le spectacle, les vedettes, les aspérités. Je ne suis pas un vrai, pas un pur. Je suis un rugbeux de comptoir. J'étais admiratif de Lomu. Je le suis de Chabal. J'aime les champions, les Zidane, les Tiger Woods, les Federer. J'aime le spectacle et le frisson. Un bon haka des All Blacks ma fait toujours frissonner, une vraie midinette je vous dis. Chabal sort du lot lui aussi. "Comment la France a basculé dans la Chabalmania ?", titrait le JDD, dimanche dernier (de mémoire). Rendez-vous compte ? Le type pèse deux Woody Allen, mesure trois Mimie Mathy et court à la vitesse du Mont-St-Michel au galop. Poilu, le profil gaulois, il me ramène à mon animalité, à cette force primaire qui me manque (j'ai entendu un psy qui disait ça, c'est donc que c'est vrai). Comme un con, je suis moi aussi rentré dans la Chabalmania et j'espère qu'il va piétiner de l'Argentin ou de l'Irlandais, parce que c'est beau quand le coup de boule est régulier. Vas-y mon gars, je rêve d'une finale contre la Nouvelle-Zélande ! Est-ce possible ? Je n'ai pas vérifié. Mais ce serait beau quand même, une sorte de France-Brésil... (Je suis dans le cliché jusqu'à l'os, je sais, mais j'assume, je me vautre dedans, je le malaxe. Oui monsieur, supporter d'occasion, c'est très détendant !:-)
Je me suis fait avoir comme tout le monde. Le matraquage fonctionne à plein : TF1nisé ! Et puis quoi ?
Allez les petits ! (je le crois pas d'avoir écrit ça, je peux vomir... :-)
*aucune idée de ce que cela pourrait bien vouloir dire...
