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mer. 11 avr 2007

Fin de Bonjour America : bilan et perspectives.

Image_1Here we are.
14 mois. 40 épisodes.
800 000 visionnages.
Des dizaines de blogs ayant eu la gentillesse de placer un lien.
Des dizaines de rencontres exceptionnelles. J'arrête.
Bonjour America est un truc de dingue dans ma vie. C'est né comme une expérience, ça finit comme un bouleversement. Je pense avec nostalgie à la saison 1, qui était sympa, naïve et éclatante. Passionnée. La saison 2 est pleine d'enseignements, pour moi qui travaille à un gros projet de plateforme de contenus vidéos pour le web et les autres médias.

10 petites conclusions à l'usage du futur vidéo-blogueur :

1)  Les internautes se moquent, a priori, de la qualité du son, de l'image, des décors, des musiques, s'ils sentent la sincérité et la passion du projet. Un programme fait à bout de bras avec une mini DV vaut mille fois tous les programmes si le concept et son interprètes sont cohérents. En revanche, si le projet affiche des prétentions, sort de son amateurisme pour espérer autre chose, le curseur d'exigence du visiteur augmente dans les mêmes proportions. C'est humain.

2) En affichant un sponsor, le programme "fait maison" change de catégorie dans la perception du visiteur, quand bien même le programme lui-même ne change pas. C'est sponsorisé, il y a donc des moyens, du pognon, des enjeux, des intérêts, "ce n'est plus comme avant". Et le fait est que ce n'est plus comme avant. Le p'tit gars tout seul dans son bureau n'a pas vraiment davantage de moyens, mais la pression en plus. Il perd naturellement cette naïveté du début, parce qu'il est seul et n'a aucun repère pour garder la ligne.

Image_23) Sur Internet comme ailleurs, la ligne éditoriale doit être respectée. J'avais décidé que je ferais exactement ce que je voudrais, ce que j'ai fait, alternant épisodes instinctifs plutôt réussis (Leçon d'histoire, Frencheese, oeuvre d'art, pronostics de foot, etc), et les épisodes inutiles mais pas graves (que je ne citerai pas pour ne pas les vexer). Je sais aujourd'hui qu'il n'y a malheureusement pas de secret : il faut respecter le visiteur en maîtrisant le cadre de son concept, sinon il s'en va, perdu, même s'il vous trouve sympathique.

4) Il vaut mieux faire court. Mais j'avais envie de faire long. Je sais que le timing idéal se situe plutôt entre 3 et 5 minutes, mais je n'y suis jamais parvenu. En travaillant en équipe, les autres se chargent de supprimer le superflu. Tout seul c'est très dur.

5) Ce n'est pas parce qu'on veut rencontrer Clint Eastwood qu'on le rencontre. Et pourtant, je vous assure qu'il n'a manqué qu'un cheveux. Par ailleurs, ne pas remplacer un objectif par un autre si le premier n'est pas atteint. Intepeller Jon Stewart, c'était bien comme objectif, mais prématuré. Je suis sûr que Clint l'a senti...

6) La technologie est un élément clé. Problèmes de connexions, de téléchargements, de lenteurs du streaming, de changements d'url faisant disparaître d'iTunes, etc. Malgré l'extrême gentillesse et disponibilité de mon éleveur de boulets en chef, j'ai parfois été impuissant face aux mails de réclamation. Car oui...

7) Même quand c'est gratuit, le "public" est exigent. Génération Peer-to-Peer, élevée au gratuit, rodée au divertissement. Pas de pitié. Tu joues sur le web, à tes risques et périls camarade !

8) Les commentaires négatifs rendent l'avancée difficile, parfois douloureuse, mais construisent surtout une extraordinaire carapace. Règle d'or : ne pas réagir en fonction de son humeur du jour. Attendre le lendemain.

9) Respecter une régularité et des dates précises. Si c'est possible. Ne pas s'arrêter 6 mois entre deux saisons, on rame pour récupérer l'audience du début.

10) Quand on passe à la télévision, il vaut mieux être naturel et ne pas tenter de faire le malin. Réussi sur Canal +. Pas terrible chez Taddeï. Note pour plus tard : rester cool et ne pas en faire trop.

DecaunesGrâce à Bonjour America, j'ai eu l'extrême provilège de tourner un pilote de programme avec celui que je cite depuis longtemps (il y a des preuves sur ce blog) comme l'une de mes sources historiques de motivation : Antoine de Caunes. Rien que pour ça, mais je peux en citer d'autres, ça valait le coup.

La suite ?

Bonjour America s'arrête sous cette forme et dans ces conditions. Mais rien n'est jamais figé et je laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres. On ne sait pas, plus tard, peut-être, mais pas seul.
Je travaille actuellement à d'autres programmes, dans lesquels je ne suis pas forcément présent "physiquement". Et quelques autres bêtises en perspective, c'est en cours...

MERCI À TOUS POUR CETTE EXTRAORDINAIRE AVENTURE !!!
 

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