Et dire qu'il m'aura fallu un an avant de tomber sur ce film. Quelle claque mes aïeux ! Je comprends mille fois le choix de l'Academy qui, l'an passé, décerna l'Oscar du meilleur film, meilleur scénario original et meilleur montage à cette pépite. Et pourtant, les 10 premières minutes, j'ai cru que j'étais tombé sur une mine de clichés qui m'explosaient au visage les uns après les autres, entre la porto-ricaine et le négro, le flic blanc cassé et le couple de WASP idéal, le Perse qu'on prend pour un terroriste... Une succession de rencontres aussi grossières que déjà vues, j'étais presque déçu. Et puis, peu à peu, tout devient moins simple, moins grossier, en révélant d'infimes et subtiles complexités, celles de l'humain, ni blanc ni noir, ni complètement pourri, ni jamais vraiment bon. Le tout porté par une BO lancinante, sourde et aride qui vous broie les tripes. Une scène, vers la fin (l'affiche), a failli m'arracher de mon canapé de tristesse, presque de douleur. A l'heure où je vous parle, j'ai acheté la BO sur iTunes et je frissonne encore...
