Révélation cette nuit, à 4h00 du matin. Tandis que l’une de mes insomnies tenaces m’obligeait à chercher le sommeil sur les lacs embrumés et infestés d’épagneuls bretons d’Histoires Naturelles, je tombais fort heureusement sur ce superbe documovie “Arnold à la conquête de l'Ouest” sur Canal +. Réalisé par une anglaise de talent, ce film montrait l’exceptionnel hold-up d’Arnold Schwarzenegger sur la Californie il y a quatre ans. Et là, BINGO, la lumière !
Ségolène Royal mène une campagne rigoureusement semblable à celle de Terminator. Refusant le débat, ne parlant que très peu de son programme et promettant que ça arrivera en son heure, souriant le plus possible, évitant les questions piège, surfant strictement sur son image. Pendant des semaines, les journalistes Américains ont couru derrière Schwartzy sans jamais pouvoir l’interroger. Sourires et attachés de presse les faisant poirauter, tandis que les fans hystériques se réjouissaient de pouvoir admirer Mister Univers en personne, de recevoir des tee-shirts gratos et de rêver à moins de “Tax, tax, tax” et aussi moins de “spend, spend, spend...” répétés avec force par le cyborg déréglé. Ségolène Royal a sans doute troqué les muscles pour le charme, les chemises à manche courtes pour les tailleurs blancs, mais elle est agît exactement avec les mêmes méthodes. On sait que l’Autrichien a gagné avec près de 300 000 voix de plus que son adversaire, sans débattre ou presque, sans expérience du pouvoir, sans jouer le jeu de la presse ou si peu. Mais Arnold est un monstre du marketing, habitué à la promotion de ses blockbusters, sachant sourire et se taire, jouant parfaitement son rôle en attendant les urnes.
Je rêvais d’une gauche de gauche capable de rendre le débat captivant et équilibré ; nous voilà réduits à supporter le visage figé d’un marketing grossier. Le silence, au début, peut passer pour de la sagesse. Très vite il se transforme en signe d’incompétence. Pour finir, bien souvent, à illustrer le mépris.
Nous apprenons que Ségolène Royal sera dimanche dans l’émission de Laurence Ferrari, Dimanche +. Nous serons donc tous là, comme elle l’a décidé, à prendre des notes. Merci madame Royal de daigner nous parler, c’est très aimable à vous.
PS (ha ha) : Je précise que je ne suis mandaté par personne. Que je n'appartiens à aucun parti. Que j'attends toujours des nouvelles de Nicolas Hulot et de Bayrou. Que je ne suis pas journaliste. Que c'est un texte d'expression personnelle sans autre prétention. Que je serais très heureux si la dame en question se mettait à débattre de tous côtés, à prouver son intelligence, à rassurer sur ses compétences... Mais que là je suis juste fasciné par sa vacuité et subjectivement exaspéré, je l'admets, par son petit ton professoral...
