Aujourd'hui je suis allé en pélerinage dans le Café de ma jeunesse. Vous savez, le café du lycée, celui où vous avez pris des poses naturelles pour épater Caroline ou Sandra, Mathieu ou Nicolas. A lépoque, je passais plus de temps dans ce café que chez moi, un peu comme "Chez Al", dans Happy Days.
A l'époque j'étais pote avec les patrons, une famille. Ils sont toujours là, les frères, à se partager les Cafés de la région. Je suis tombé sur l'un d'entre eux qui m'a accueilli comme si je l'avais quitté la veille, en fait il y a au moins quatre ans. Il a brillé son café et on a parlé de nos vies...
A un moment, comme au bon vieux temps, j'ai eu envie d'aller aux toilettes, tel Fonzy, retrouver les parfums de ma jeunesse. La nostalgie, parfois, fait faire de drôles de choses... D'autant plus que je suis un peu psychopathe de la saleté des autres, et que l'histoire des traces d'urine dans les cacahuètes ne m'a jamais quittée. (Pour ceux qui l'ignorent, un laboratoire avait semble-t-il dénombré 12 traces d'urine dans l'assiette de cachuètes moyenne posé sur un comptoir moyen. Rien que d'y penser j'ai ma nausée qui me reprend...). Aujourd'hui je ne prends plus de cacahuètes dans les assiettes de comptoir et j'évite naturellement de me rendre dans les toilettes publiques. Mais là, c'est différent, il y a nostalgie, disais-je.
C'est là que tout a basculé. Sans être expert de l'ONU, je pense pouvoir affirmer qu'une attaque terroriste avait eu lieu dans la journée. Je ne sais pas combien de traces d'urine ont maculé cette assiette de cachuètes géante, mais mes sens ont vascillé et ma gorge s'est mise à brûler. Remis, j'ai alors pensé qu'une bande d'ivrognes avait joué à celui qui évitait le mieux la lunette tout en réalisant un jeter de PQ flamboyant. Je cherchai désespérément une zone sèche au sol ou ailleurs, en vain. Décidé cependant à mener ma mission à son terme, je réalisais le minimum syndical en souvenir du bon vieux temps. les yeux rivés devant moi pour ne pas succomber, c'est là que je découvris ce panneau :
Pour les petits yeux il est écrit "Merci de laisser ces lieux dans l'état de propreté ou (!) vous souhaitez les trouver en entrant".
Là je dois dire que je reste perplexe. Amusé. Désabusé. Perplexe.
Visiblement les gars me demandent de faire le ménage. Il faudrait, si je respectais à la lettre cette consigne, que je demande un balai, une serpillère, du détergeant, des gants de protection ainsi qu'un masque à gaz, un chapelet, un brosse à recoins, une assurance vie, une bonne dose d'abnégation (comme disent les footballeurs après un match disputé)... Arrghh...
Je sors de là avec ma photo et un léger mal de crâne. Les ivrognes ne respectent rien, même pas mes souvenirs. Je rêve alors d'un bon bol de cachuètes et d'un bain équitable (avec pas trop d'eau mais quand même). Les mecs ont tiré un trait sur "... l'état de propreté que vous avez trouvé en entrant". Non, leur expérience du terrain les a poussés à rédiger directement une consigne désabusée "... dans l'état de propreté où vous souhaitez les trouver en entrant". Enoooooooorme. Mon ami, si tu as rêvé de toilettes miraculeuses sentant le musc et la ménagère de moins de 50 ans, si tu as rêvé poser ton auguste fessier sur de la soie renouvelée à chaque utilisation, il ne tient qu'à toi de réaliser ton rêve...".
J'adore. c'est un coup à se réjouir et à foncer s'acheter "Napoléon pour les Nuls".

