100 (-20) jours pour un roman : ça se précise...
Bien bien bien. Comment dire ? Je crois que je suis mûr pour commencer à écrire. « Il était temps », dirait un Christian. Mais il fallait en passer par là, je vous assure. Cela fait maintenant 20 jours que je triture l’histoire dans tous les sens, et ça change à chaque fois. En fait, le roman prend une tournure différente à chaque fois que je change d’humeur, et c’est très dangereux. Il y a quelques jours, mon truc s’est transformé en une énorme usine à gaz façon « Le 5ème cavalier », avec des complots, des connexions internationales compliquées, des enjeux millénaires. Et puis le lendemain comme j’étais un peu crevé je me suis dit que j’allais enlever tout le superflu pour retourner aux sources du minimalisme et écrire un truc du genre « la 1ère gorgée de bière… ». Avec le côté pratique du « ça prend pas trop de temps à écrire, ça fait pas mal à la tête et ça plaît quand même ». Le lendemain, je me suis dit d’arrêter de penser comme ça et de commencer à écrire : « on verra plus tard ! », me suis-je dit. J’ai écrit quelques lignes et, comme prévu, je ne savais pas où aller. ON EN PEUT PAS VOIR PLUS TARD ! C’est maintenant que ça se joue. Alors j’ai continué à triturer le truc et je crois que c’est bon. C’est prêt. A y’est !
J’ai tous les personnages. Tous les chapitres. Toute l’armature. Pour l’exemple, mon héros a perdu ses parents dans des conditions dramatiques. Ça, c’est le postulat. Mais comment sont-ils morts ? La façon dont ils sont morts peut orienter tout le style du livre. Vous ne vous imaginez pas à quel point. Au début je leur avais trouvé un accident de voiture tout à fait traditionnel, en pleine montagne, entre Moutiers et Val d’Isère. Le truc est crédible, sérieux, surtout quand on connaît la façon de conduire des taxis dans cette région.
J’ai laissé reposer quelques jours et j’ai trouvé ça banal. Alors j'ai décidé de modifier le destin, je fais ce que je veux, c'est moi le chef ! Je vous livre en avant-première le secret de la mort du père de mon héros. IL S’EST FAIT VIOLER PAR UN OURS DES PYRÉNÉEES ! Sans déconner, ça a quand même plus de panache. D’autant que, selon l’inspecteur chargé de l’enquête, c’était seulement le deuxième cas de viol d’humain par un animal, dans toutes les archives de la police. La première fois c’était au XVIIème siècle, une certaine Isold, bergère, s’était faite littéralement passer dessus par son propre troupeau de moutons (et le Colley, Jack, qui en avait profité pour la monter en loussedé, en soudoyant un des moutons. Se faire monter par un Colley, c'est chic quand on y pense...). « Un gang bang d’une violence inouïe ! », qui avait conduit le Marquis de Richemord à castrer plus de quatre-vingt bestiaux en guise de représailles. Une sale histoire… Bref, vous comprenez bien que mon héros part dans la vie avec un traumatisme d’une grande complexité à régler. Quant à la mort de sa mère, je ne vous dis rien, mais ça n’a aucun rapport avec cet ours. Le mobile du crime n’est donc pas une question d’adultère ou autre (quoi ?).
Vais-je y arriver en 100 jours ? Quand je vois comment les événements jouent contre moi (boulot, fêtes, etc), ça va être chaud. Ce week-end, par exemple, je suis allé à Bruxelles pour prendre l’air. Un week-end de grande qualité. Du coup je n’ai pas écrit un traître mot sur quoi que ce soit et maintenant je culpabilise. Il va falloir que je m’organise.
Je vous laisse avec une petite vidéo faite à Bruxelles, dans ma chambre.
Bruxelles Chiffres Lettres Grüd
Bon, c'est pas tout ça, mais faut que j'y retourne...
