Rédigé le sam. 05 déc 2009 | Lien permanent | Commentaires (10) | TrackBack (0)
Bon, alors là je vais être gêné pour expliquer à mes nains que le scooter c'est dangereux. Ou alors il va falloir que j'arrête moi aussi. J'ai passé 20 minutes sur le site http://www.mortelscooter.fr/: super bien fait ! Des témoignages tout bêtes, sur la vie d'avant, la JOUR J et la vie d'après, avec des gamins qui se croyaient invincibles. Je me souviens, je me croyais invincible aussi, j'ai sans doute eu plus de chance. De notre côté, avec madame, ça fait longtemps qu'on s'est mis d'accord, ils n'auront jamais de scooter ni de mobylette. Cela ne va pas être super simple à argumenter, mais on va se démerder.
Je sens que je suis bon pour revisiter le Francilien moi...
Rédigé le mer. 02 déc 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
En scooter, neuf fois sur dix, on se retrouve en tête de file au feu rouge. Immobilisé, inutile, attendant patiemment que la lumière soit, on observe naturellement ce qui se passe. Pour ma part, j'adore regarder les gens qui traversent, essayer de deviner qui ils sont, d'où ils viennent et où ils vont. Je me demande s'ils sont heureux, s'ils aiment ce qu'ils font, s'ils ont des idées sombres ou au contraire la joie au coeur. Carnaval d'être humains qui font le spectacle par leur seule existence, acteurs involontaires de mon emploi du temps.
Ce matin, deux jeunes femmes venaient visiblement de se croiser par hasard et terminaient dans l'urgence une conversation de circonstance. L'une d'entre elle a dit quelque chose qui a fait rire la deuxième. Tout en riant, chacune d'entre elle a quitté l'autre pour poursuivre son chemin. L'une est partie à gauche et l'autre a traversé devant moi. J'ai regardé son visage, et c'était incroyable. J'ai vu comment le rire qui avait eu lieu quelques secondes plus tôt continuait d'habiter son visage alors qu'elle s'éloignait. Je ne sais pas comment expliquer cette extraordinaire sensation cela m'a fait de constater cette persistance sur ses traits, ce rire qui doucement se transforme en sourire, d'abord franc puis estompé, comme la longue traîne d'un bonheur ponctuel, imprimée sur son visage jusqu'à l'inexorable disparition. Une fois parvenue de l'autre côté du passage piéton, toutes les traces de ce rire avaient disparu. Elle avait vécu comme un shoot, un fix, une parenthèse. J'ai adoré cela. Je sais, c'est bizarre.
Rédigé le jeu. 26 nov 2009 | Lien permanent | Commentaires (15) | TrackBack (0)
Rédigé le mar. 24 nov 2009 | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
J'adore bricoler. Enfin, j'adore l'idée. Et j'ai toujours eu une admiration teintée de jalousie pour les mecs qui savent bricoler. Je les trouve beaux et virils. Cette façon qu'ils ont de prendre les choses en main, de s'affairer, de disparaître et de réapparaître avec le bon outil ou la bonne vis, dégotés au fond d'un tiroir majestueusement rangé dans un fond de garage ou à la cave. Un bricoleur améliore le monde, il corrige ses imperfections. Etes-vous déjà allés chez Bricorama ou Leroy Merlin le dimanche ? C'est beau comme du parquet, ça sent le neuf, la colle, le bois et le terreau. Quand je vais chez Brico, je voudrais tout acheter... Je me rêve en train de scier des trucs, de poncer des machins. Je me vois construire une véranda ou refaire l'électricité quelque part, en bras de chemise, avec une ceinture à outils, tel Richard Geere dans Mister Jones. Je m'imagine un peu en sueur, un peu sale, observé depuis un coin de fenêtre par la voisine qui a des vapeurs sous sa chemise tant son voisin lui apparaît soudain dans son immense sex-appeal. Je crois même qu'elle se caresse quand je cloue cette planche, une folie...
Hier j'ai voulu accrocher une tringle à rideau. Pas un défi insurmontable pour le commun des hommes, j'en ai conscience. Une petite tringle en plus, du genre 1 mètre de large dans la largeur d'un modeste couloir. Il faut imaginer ce que ce genre de mission représente pour moi. Peu confiant dans mes aptitudes, il faut que je prépare le terrain avec soin, que j'ai tout le matériel prêt, que chaque détail soit réglé et anticipé pour qu'à aucun moment je puisse me retrouver face à mon incompétence. Il a d'abord fallu décider si j'allais utiliser une perceuse (objet qui me fait une peur pas possible) ou y aller directement au tournevis. Afin de prendre une vraie décision de bricoleur, je me suis mis en tête de taper sur le plafond et d'en analyser le bruit. Toc, toc. Mouais. Toc, toc. Je ne reconnais pas ce son parmi les sons de plafond que je connais. Disons que ça sonne un peu creux, mais ce n'est pas franc. Sans doute influencé par ma détestation des mèches, je décide d'y aller à l'ancienne, de faire un trou équitable, qui respecte la couche d'ozone. Mais où ? C'est-à -dire qu'il y a deux "trucs" pour poser la tringle, et je me dis alors qu'un vrai bricoleur saurait certainement comment s'appellent ces trucs. Dans ma logique tout à fait affûtée, je me dis que le meilleur moyen d'obtenir quelque chose de solide, c'est de bien répartir les distances entre les deux murs. Comme il y a deux machins, j'en mets un à chaque tiers... peut-être. Ou alors à chaque quart... Yeux de merlan frit qui observe un plafond blanc. Je décide de déplacer l'escabeau, ça ne sert à rien mais ça m'occupe. Pendant ce temps-là les enfants jouent à la DS et j'imagine qu'ils sont assez admiratifs de leur père qui a l'air de savoir ce qu'il fait, surtout quand il déplace l'escabeau, un geste simple mais plein de significations. OK, partons pour trois tiers ; je ne suis pas une bête en physique mais je me dis que c'est comme ça que le poids sera mieux réparti.
Je visse dans le plafond. Les bras en l'air. Une douleur sourde pointe quasi immédiatement dans mon épaule. J'aurais dû m'échauffer sans doute... Ne flanchons pas, pas maintenant (si loin du but), juste une minute après avoir tout installé, escabeau, tringles, visses, tournevis, scie à métaux (il va falloir raccourcir la tringle j'en ai bien peur), etc. J'ai beau visser, rien ne se passe. Un vague trou de rien du tout, pas de quoi enfoncer quoi que ce soit. OK, ce n'était pas si creux, on ne pourra pas éviter la perceuse.
La première question à se poser c'est : où sont les mèches ? Et ensuite, immédiatement après, comme à chaque fois, c'est "pourquoi manque-t-il trois mèches dans la boîte de douze ? Et pourquoi c'est la mèche 4 qui manque, celle dont, a priori, j'ai besoin...". Parce que c'est toujours la mèche 4 dont on se sert. Au delà , pour moi, c'est du gros oeuvre. Je cherche pendant dix minutes où sont les mèches rebelles ; deux d'entre elles s'étaient planquées dans une autre boîte à outils dont j'avais oublié l'existence. J'insère la 4 dans l'embout, puis branche l'engin de malheur. OK, prêt. Je préviens ma famille que ça va faire du bruit, pas de problème papa.
Zoooiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnn... Quelle horreur ce bruit... Zoooooouuuuuuuuiiiiiiiiiiii... Clac ! Hein ? La mèche vient de s'enfoncer dans le vide... C'était donc creux.
C'est quoi ce truc trop dur pour qu'on visse au tournevis et trop vide du coup on aère le plafond ? Résultat, après seulement trois minutes : un trou pour rien. Je me sens humilié. Pourtant j'avais tout bien pensé. Je n'avais pas fait d'erreur grave. Si ?
Bon, je vais donc y retourner au tournevis. Peut-être qu'une fois la tringle mise, si j'y arrive, on ne verra plus le trou. Je songe un moment mettre du Tipex mais j'évacue l'idée rapidement, le Tipex ne peut pas TOUT résoudre.
Alors c'est reparti, et tandis que mon épaule me tire, je constate qu'il se passe enfin quelque chose quand je visse, ça prend, youhoooooooooooo, je bricole !!! Je visse, je visse, avec la joie de l'apprenti sur une Cathédrale, je visse et visse encore. Et voilà ! Une belle vis dans le plafond ! Voilà le travail...
Bien sûr, je réalise rapidement qu'il m'aurait fallu visser pas seulement la vis, mais la vis insérée dans le trou du machin accroche tringle. Machin qui se trouve dans ma poche. Ok, je dévisse, la coupe est pleine. Je mets dans le trouc du bidule, et je revisse. Ouf ! Plus de peur que de mal. Fort de cette expérience, je visse dans le deuxième trou avec la rapidité du jaguar. Le coup de main, l'usage, et peut-être une certaine forme de prédisposition à apprendre vite du terrain. Et hop, le premier truc est fixé, je descends de l'escabeau pour observer le travail. Mon fils descend à ce moment-là et constate la beauté de l'objet, je ne suis pas peu fier. Bravo papa !!!
J'attaque le deuxième qui se déroule sans souci. J'ai bien retenu la leçon du premier et vis directement comme il faut, en retenant ma douleur, douleur largement compensée par la satisfaction du devoir accompli. Une fois les deux choses bien fixées au plafond, je ne peux attendre et pose immédiatement la tringle que je stabilise rapidement grâce aux deux petites vis qui la calent contre les trucs (ça m'énerve de pas connaître le mot !). Ni-ckel ! Je bois pour me désaltérer après tant de gestes dont je n'ai pas l'habitude. Je crois qu'à cet instant, je suis physiquement une bête.
En revanche c'est con parce que pour enfiler le rideau va falloir que je dévisse tout. Bah oui je sais que vous l'avez vu venir, c'est facile de se moquer après ! Dans le monde de la bricole, les choses ne se passent pas les unes après les autres. Les modes d'emplois ne sont pas linéaires. Ce n'est pas 1 puis 2 puis 3 puis 4. c'est 1 puis 3 Puis 6 puis 2... Il fallait penser à enfiler le rideau AVANT d'installer la tringle. Mais oui mais c'est là que le littéraire se sépare du matheux. Un littéraire qui fait des maths se rassure dans l'addition. Mais le bricolage est multiplication.
Me voilà donc en train de dévisser les bidules pour retirer la tringle. C'est assez logique quand on y pense. Suis-je simplement distrait ? Cela ne m'intéresse-t-il pas à ce point ? Allez finissons-en ! Enfilons ce maudit rideau et montrons, trou pour rien excepté, que papa n'est pas si mauvais...
Oui mais voilà ...
Les deux machins posés aux trois tiers... ça laisse qu'un tiers central pour le rideau qui est du coup tout tassé au milieu du vide. Bah oui. Je suis une buse. Parce que les machins empêchent de tirer le rideau ! Bah oui mon con ! Arrrghhhhh. Pourquoi n'y ai-je pas pensé, c'était quand même couru d'avance ! C'est la physique mon ami, si c'est vissé dans le mur comment tu tires le rideau, abruti ? Je pourrais à cet instant tout laisser en plan et pleurer dans mon édredon, mais je sais qu'à un moment, au pire moment, ma conjointe va sûrement débarquer et constater. Je ne peux humainement pas lui laisser cette chance.
Je retire tout, le rideau, la tringle et les machins. Me voilà avec trois trous pour rien dans le plafond, celui de la perceuse et les deux nigauds. Une demi-heure est passée, j'ai une tringle dans les mains et trois trous ridicules qui jurent sur ce plafond tout blanc. Allez réfléchis, rassemble-toi, c'est de la mauvaise volonté ou un acte manqué... Ok, je mets les deux bousins à chaque bout, ça devrait le faire. Je me projette mentalement (c'était donc ça la solution ?!? anticiper ?) dans le futur et je me vois tirer le rideau comme il faut, rien ne bloque mon geste.
Ensuite je recommence tout, la larme aux yeux à cause de mon épaule, tel un moine Shaolin, concentré sur mon expérience corporelle. Tout va bien. Je visse, je fixe, je pose, je fais glisser le rideau, je bloque les trucs, je descends de l'escabeau, c'est beau. Nickel. Trois trous viennent m'humilier discrètement, mais le gros du contrat est respecté. Mes enfants sont là qui ne voient que le positif. Mon épouse ne dit rien, juste un petit regard avec un sourire dans les yeux. Elle n'a pas besoin de m'enfoncer davantage, je sais qu'elle pense que j'exagère, qu'il faudra un jour bricoler à nouveau pour combler ces trous. Mais elle est gentille, elle ne m'accable pas. Complicité dans nos faiblesses, compréhension.
Je range le matériel, pas complètement satisfait. Je ne suis pas bricoleur, c'est évident. Mais ce constat est décevant. Le bricolage est-il un don ? Comme la cuisine ? Ou faut-il simplement que je fasse un effort ? Quelles sont ces petites fautes d'inattention qui transforment une belle victoire en semi-échec ? Je me le demande...
Mise à jour : effectivement, je n'ai pas mis de cheville...
Rédigé le dim. 22 nov 2009 | Lien permanent | Commentaires (28) | TrackBack (0)
Rédigé le sam. 21 nov 2009 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)



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