Tout a commencé le mardi soir. J'était très petit. Les films étaient en noir et blanc et, le lendemain, comme souvent le mardi, c'était mercredi. Il n'y avait pas école, des mini grandes vacances en milieu de semaine qui autorisaient toutes les transgressions. Rio Bravo. Le Dernier train de Gun Hill. L'homme qui tua Liberty Valence. Etc. Je n'en ratais aucun, muni de mon chapeau de cow-boy et de mon revolver Prisunic à dix coups.
En 1984, quand Canal + a été créé, mes parents ont eu la bonne idée de me filer une télé dans ma chambre. C'est là que tout a basculé. Je révisais mes leçons en regardant Marc Toesca présenter le Top 50. Avec ce générique, vous vous souvenez ? Ta ta ta la ta ta ta, ta ta ta, ta, ta la ta ta ta... Je découvrais chaque jour le pouvoir qu'exerçait sur moi cette boîte lumineuse.
Puis vinrent les Nuls : la claque d'une vie. Le JTN, TVN 595, Objectif Nul, etc. La grande époque de Nulle part ailleurs, de Caunes et Garcia... Au même moment, je devenais fan des Zucker Abrahams Zucker, Monty Python et autres dérivés de folie. Pris dans la spirale de l'absurde, je me mis à regarder la télévision d'un oeil nouveau, témoin d'un spectacle exceptionnel, au coeur de cette ouverture unique sur le monde.
Aujourd'hui je suis accroc, et je suis capable de trouver de la beauté dans n'importe quel programme. Devant la Nouvelle Star ? Je glousse. Les Experts ? Je frémis, puis je vomis. Dora l'Exploratrice ? Je deviens renarophobe. Les enfants de la télé ? J'accepte de bon coeur, j'adore les bêtisiers. Mon émission préférée ? Relooking extrême. Et de loin. Nous en reparlerons plus tard...
Bref, si vous voyez le héros de Dream On, Martin Tupper, alors vous obtenez une image assez précise de la façon dont mon existence se déroule... Chaque chose que je vis est reliée à une image, une référence, un extrait. Je suis le héros de toutes ces émissions qui ont bercé ma vie et continuent de m'enrichir chaque jour... C'est ça un télépathe.